- Alors, c'est vrai? Je finirai par t'oublier, par sourire de nouveau? Non, ce n'est pas possible, je ne peux pas. Comment peut-on sourire lorsqu'on a perdu la moitié de sa vie, la moitié de son Moi, toi, mon Moi? Tu penses sincèrement que mes muscles tireront mes lèvres du bon côté. Et si oui, ce ne sera pas qu'un simple automatisme? L'automatisme de la vie sans toi, de la vie sans moi, de la vie anéantie. Le néant, le vide, rien, plus rien. Plus rien que toi qui n'es plus là que dans mes souvenirs, plus rien que ton odeur qui s'échappe, plus rien que ton vide. Non, mon amour, ce n'est pas vrai, je ne pourrais jamais t'oublier, mort - vivant - à demi mort - comateux, tu fais parti de moi. Non, mon amour, tu me colles bien trop à la peau, je ne retrouverai jamais le sourire d'antan, il s'est réfugié dans mes souvenirs, mes souvenirs avec toi. Non, mon amour, je t'aime immensément trop, je ne vivrais plus jamais dans le vide que tu as laissé, ton vide, rien, plus rien.

